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SERENDIPITY

Détruire le passé pour construire l’avenir : sur Pax Romana de Jonathan Hickman - une lecture critique de Jérémy

19 Mars 2014, 15:15pm

Publié par Seren Dipity

Ça débute par la présentation de deux personnages atypiques. Le premier est un Pape qui se dit être le représentant de toutes les religions existantes. Le deuxième est le nouvel empereur du monde, un enfant de quatre ans. C’est lors d’une discussion entre les deux protagonistes que notre histoire commence.

Nous sommes en 2053, la chrétienté se porte mal et ne sera bientôt plus qu’une religion dépassée et dans laquelle personne n’aura foi. C’est alors qu’une invention révolutionnaire est trouvée par la recherche scientifique du Vatican, la possibilité de remonter le temps.

Un groupe d’élite pratiquant est alors recruté pour changer l’histoire et redonner au catholicisme sa splendeur et rallier les autres religions sous peine d’être annihilées.

 

Une fois parti dans le passé à un moment stratégique, celui du règne du premier empereur chrétien Constantin, tout ne va pas se passer comme prévu. Le groupe se rebelle et décide de ne pas suivre la doctrine des cardinaux car ils ont de plus grandes ambitions. Leur but est de changer en profondeur l’Histoire de l’Homme. Le progrès social et technologique ne doit pas être arrêté. Ainsi, il n’y aura plus de Moyen Âge. Une version du monde parfaite et entièrement planifiée grâce aux personnages historique.

Le groupe va ainsi remodeler l’Histoire, empêcher de futurs personnages ne serait ce que de voir le jour pour le bienfait de leur mission. Évidemment tout ne va pas se passer comme prévu car la culture est changeante et bien souvent incontrôlable.

Voici un bref résumé d’un scénario complexe, entremêlant notre Histoire et une Histoire potentielle. On navigue entre le réel et l’imaginaire sans jamais se perdre. Ce qui fait la force de ce récit c’est d’être complexe mais relativement facile à suivre.

 

La mort du cardinal tué par quatre balles tirées dans l’ordre dans lequel on se signe, une oeuvre hautement symbolique :

Le dessin est aussi atypique que le scénario. Une seule couleur dominante, l’or. Parfois remplacée par le bleu pour les discussions entre les deux protagonistes du début (l’empereur du monde de quatre ans et le Pape de toutes les religions.)

La mise en page spéciale ne donne finalement que peu d’action et fige les personnages. On se retrouve devant des pleines pages où les bulles se chevauchent sur toute la longueur laissant au final une plus grande part au récit qu’à l’illustration. Néanmoins, ce choix de mise en page est un choix réussi puisqu’on est plongé dans la narration sans pouvoir s’en défaire.

On est sur un véritable récit de SF, une histoire originale avec des personnages légèrement modifiés génétiquement et du symbolisme à foison.

Jonathan Hickman, un nouveau venu et déjà considéré par certain comme le nouvel Alan Moore, Warren Ellis et Frank Miller (rien que ça), signe ce qui pour moi est en liste d’être le comics de l’année.

 

Signé Jérémy

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