If you got trouble : sur L'Echec de James Greer - une lecture critique de Pierre
A Los Angeles, un homme jeune, déjanté, cherche à se faire du fric facile en montant une affaire d'informatique, avec un logiciel nommé « Pandémonium », il lui manque juste 50 000 dollars pour se
lancer, manque de chance personne n'est prêt à lui prêter cette somme, vu que cet homme est un sacré lascar, fainéant et bon galérien, le prototype du parfait loser, avec une drôle de philosophie. Pour trouver cet argent qui lui permettra de devenir riche, il décide de braquer une banque, en l 'occurrence un comptoir de change coréen mais évidemment rien n'est simple.
Les personnages tous aussi barrés.
Ed Memoir le protagoniste.
Billy le copain un peu idiot, « promeneur de chien » qui a combattu à mains nues un puma...
Le frère ainé de Ed, Marcus, matheux de Caltech, avec Constance sa femme, des maniaco rigides de première.
Sven Tansvoort le riche; méchant et machiavélique.
Charlie le coréen du comptoir de change.
Violet Mc Knight la petite copine, belle et défoncée.
Les maraudeurs à mobylette, et leur chef Julia Fractal.
Extraits
« La réalisation de toute une vie est rarement aussi douce que la perspective de cette réalisation »
« Un jour, j’irai jusqu'au bout, je sais pas exactement de quoi, voilà tout »
« Tu crois n'importe quoi possible, Tu devrais t'appeler Credo, le garçon qui croit »
« Le bonheur n’a jamais été pour moi un objectif qu'on puisse considérer comme réaliste »
« La fièvre du monde (….), le monde est atteint d'une maladie qui finirait par provoquer l’effondrement de la vie ordinaire «
« Ta vertu première, c'est ton manque de sérieux »
Et aussi
Vous connaissez un auteur qui s'appelle « Fiat lux »
Le paille art !C’est quoi déjà ?
Aller manger un steak au Pine club, (il existe vraiment et les steaks sont énormes)
Écoutez Confusion is sex par Sonic Youth, et enchaîner avec Logical song, de Supertramp.
Des noms de bar comme « Smog cutter » ou « L'écho lounge », à LA peut être.
Jouer à Guitar Hero.
Le magnat dans l'avion et Old boy (deux bons films).
Une bonne expérience de télépathie (enfin, comment on peut le faire croire).
L'épiphanie de Joyce, Le paradis perdu de Milton.
A mon humble avis.
L'Échec est un livre qui se laisse lire même si parfois quelques longueurs peuvent rebuter, mais le style un peu déjanté, l'humour un peu potache et le discours philo de comptoir sauce côte-ouest se conjugue harmonieusement. La construction même du roman et les titres des chapitres, en petite rafale surprenante, en font un livre sympa, amusant et distrayant, roman de l'absurde et de la lose.
A lire.
Signé Pierre
L'Echec, James Greer, traduit de l'anglais (Etats Unis) par Guylaine Vivarat avec l'auteur. Ed. Joelle Losfeld.