Don't pass me by : sur Un peu de bois et d'acier de Chabouté
J'en ai fait sur les bancs publics. J'ai bu, j'ai lu, j'ai dormi, j'ai fait des pauses, mes devoirs, j'ai écouté de la musique (allez savoir pourquoi, j'associe Paul Simon et son chef d'oeuvre Graceland à un banc bien précis sur lequel j'ai passé beaucoup de temps, en 87-88).
Nous avons tous des souvenirs sur les bancs publics. Brassens résonne.
Un peu de bois et d'acier, le dernier Chabouté, c'est ça. 336 planches. Pas une bulle, parce qu'un banc ne parle pas. Mais il est témoin. Des gens, du temps qui passe, des gens qui repassent (parfois les mêmes, mais il arrive qu'ils deviennent eux aussi différents), de la misère, de la magie du quotidien, des rencontres, etc. - bref, de la vie.
Ça commence avec un couple de gamins. Le garçon tente d'écrire un graffiti d'amour, gravé dans le bois du banc, dans l'acier du temps. La lame dérape et il s'ouvre le doigt. Ils filent. Le banc reste, témoin muet et gardien secret de leur union.
Dans cette tentative d'épuisement d'un banc, Chabouté explore le mouvement de la vie qui passe. Les détails sont cruciaux, les répétitions ont du sens. Avec une poésie comme Chabouté en a le secret, en noir et blanc.
Signé Stéphane
________________________
Ce papier est dédié à Sophie Mendes, amour de jeunesse avec qui j'ai passé les plus belles heures dont un banc puisse être
témoin.